La migraine

Souffrez-vous vraiment d’une migraine ? Cette question vaut la peine d’être posée car le terme de migraine est galvaudé. Il désigne souvent, à tort, un simple mal de tête, une céphalée, c’est-à-dire une douleur localisée dans la boite crânienne. Comme nous allons le voir, le terme de migraine désigne en fait une affection beaucoup plus spécifique

De quoi s’agit-il ?

La migraine touche plus les femmes que les hommes soit 3 femmes pour 1 homme.
Chez l’enfant, elle est identique pour les deux sexes et la prévalence varie de 5 à 10 %.
La migraine de l’enfant est souvent sous-évaluée. Le dépistage et la prise en charge sont nécessaires car la migraine peut induire des modifications de comportement et des difficultés scolaires.
Sa fréquence augmente rapidement chez la jeune fille au moment de la puberté.
Cette affection débute presque toujours avant 40 ans ; sa fréquence diminue ensuite au cours de la deuxième moitié de vie.
La qualité de vie du migraineux est altérée de façon importante pendant et en dehors des crises. La souffrance peut engendrer une anxiété importante voire une dépression. Il peut y avoir un retentissement socioprofessionnel délétère.
Mieux connaître cette maladie et ses conséquences psychologiques concourt à mieux l’assumer, voire à la maîtriser

Quels sont les symptômes ?

La migraine est une forme de céphalée.
Elle se caractérise par la survenue récurrente de crises (généralement plus d’une par mois), dont la sévérité peut nécessiter l’alitement.
Ces crises, durant de quelques heures à quelques mois, peuvent être ou non précédées de manifestations neurologiques nommées "aura".
Ce sont le plus souvent des troubles visuels, mais aussi parfois sensitifs, des troubles du langage ou, très rarement, des troubles moteurs.
La migraine associe en règle général une douleur unilatérale, des signes digestifs, une photophobie (difficulté à supporter la lumière) et une phonophobie (autrement dit une douleur entraînée par le bruit).
La contraception orale chez la femme peut augmenter la fréquence ou la sévérité des crises, notamment durant la semaine sans comprimé.
La ménopause a le plus souvent un effet favorable sur l’évolution de la migraine. En revanche, l’impact du traitement hormonal substitutif sur ce trouble est très variable et aléatoire.
L’apparition de nombreux signes cliniques peuvent accompagner une crise migraineuse : vomissements, nausées, pseudo-vertiges, troubles de la mémoire, pâleur, intolérance à la lumière et au bruit, irritabilité et troubles de l’humeur, troubles de l’acuité visuelle

Comment faire le diagnostic ?

Aucune technique d’imagerie médicale, aucune prise de sang ne permet de RECONNAÎTRE un migraineux.
Des examens complémentaires sont parfois prescrits pour éliminer une autre cause. Ainsi, il peut être utile de vérifier les dents, les sinus et surtout la vue. Une mauvaise vue (myopie, hypermétropie, astigmatisme) peut provoquer de violents maux de tête qui disparaîtront grâce à des lunettes adaptées.
Le diagnostic de migraine reste fondé sur un interrogatoire patient et minutieux du malade, assorti d’un simple examen clinique. Il nécessite cependant une première consultation longue.
Les facteurs déclenchants de la crise diffèrent d’un patient à l’autre, et peuvent varier d’une crise à l’autre chez un même patient.
Un tiers à la moitié des migraineux parviennent à identifier les facteurs déclenchants de la survenue de leur crise : anxiété, stress, fatigue, règles, alcool et aliments divers (chocolat, aliments gras et frits...), facteurs climatiques.
Il est donc parfois possible de supprimer certains de ces facteurs (aliments à risque, grasse matinée...) pour prévenir la survenue des crises

Quelles sont les causes ?

De nombreux points d’interrogations persistent sur les causes de la migraine.
Les mécanismes physiologiques qui conduisent à la sensation de migraine sont encore mal connus.
Une vasodilatation des vaisseaux du cerveau est observée lors de la crise.
La recherche actuelle s’attache à mieux comprendre le rôle des différentes protéines, neuropeptides (sérotonine, etc.) et acides aminés, qui jouent un rôle prépondérant dans le déclenchement et le déroulement des crises

Existe-t-il un terrain héréditaire ?

Les études génétiques sur la migraine sont récentes. Trois gènes ont été incriminés à ce jour.
La migraine hémiplégique familiale, maladie rare dont la douleur entraîne une légère paralysie affectant un côté du corps a été à la base de ces recherches.
Ce type de migraine est héréditaire, les gènes responsables sont portés par les chromosomes non sexuels.
Il suffit que l’un des deux chromosomes homologues soit atteint pour que la maladie apparaisse.
On connaît aujourd’hui la responsabilité dans la genèse de la crise de deux gènes, l’un porté sur le chromosome 19, l’autre sur le chromosome 1.
La piste génétique n’est pas épuisée. D’autres gènes pourraient également intervenir dans la survenue de la crise et donc laisser entrevoir la possibilité de mettre au de nouveaux traitements

Quels sont les traitements ?

Plus de la moitié des migraineux acceptent de vivre avec leur symptômes, convaincus de l’absence de traitements.
Ils ont recours à une automédication le plus souvent désordonnée.
Pourtant, de nombreux traitements sont désormais disponibles.
Les crises migraineuses peuvent diminuer dans 60% à 80% des cas grâce aux médicaments. Quant à la disparition totale de la céphalée, elle est obtenue dans à peu près 40% des cas.
1 - Eradication des facteurs déclenchants et hygiène de vie.
2 - Quelques gestes simples : presser la tempe du côté douloureux, placer sur la tête des compresses chaudes ou glacées, porter des verres teintés, boire du café fort, se coucher loin du bruit et de la lumière .
3/ Les médicaments :
- traitement de la crise :
Les antalgiques classiques comme le paracétamol. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens comme l’ibuprofène...
Ces 2 classes sont à privilégier en première intention en cas de migraine peu invalidante. Il faut prendre les médicaments le plus précocement possible.
Les triptans : en première intention en cas de migraine invalidante ou résistante aux autres traitements. Ils sont contre indiqués en cas d’insuffisance coronaire (angine de poitrine) et d’insuffisance cardiaque.
Ils agissent en se liant à certains sous-types de récepteurs dits 5HT1B et 5HT1D de la sérotonine, qui se trouvent sur les cellules musculaires lisses sur les terminaisons nerveuses des fibres sensorielles dans la paroi des vaisseaux des enveloppes du cerveau.
Les dérivés de l’ergot de seigle (tartrate d’ergotamine Migwell®, dihydroergotamine Diergo-spray®)

Quels sont les traitements de fond ?

- Traitement de fond :
Il peut être envisagé de façon prophylactique en cas de crises migraineuses fréquentes ( > 2/ mois).
Il a pour but de réduire la fréquence des crises. De nombreuses classes de médicaments sont utilisées notamment les béta-bloquants comme le propanolol, certains antidépresseurs...
- Médecine parallèle :
L’acupuncture, la relaxation, et le biofeedback peuvent donner des résultats appréciables, mais leur évaluation demeure délicate, en raison de l’importance de l’effet placebo dans le traitement de la migraine.
Les thérapeutes recommandent que la qualité de vie soit considérée comme un critère d’évaluation des nouvelles thérapeutiques, qu’il s’agisse des traitements de fond ou des traitements de la crise.
Leur objectif est à la fois de lutter contre la douleur et de limiter au maximum les conséquences sociales (scolaires, familiales ou professionnelles) de cette affection.

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